Loïc Hervouet

La francophonie, d'abord une amitié

S'il fallait identifier les ingrédients qui composent et relient aujourd'hui la communauté francophone à travers le monde, j'oserais dire aujourd'hui que c'est l'amitié, qui réunit autant que la langue. Une amitié certes rendue possible par la compréhension enrichie que permet le partage d'une langue, mais une amitié renforcée par la certitude de vivre par et pour des valeurs communes. C'est d'ailleurs la force de l'organisation officielle de la Francophonie d'avoir su fédérer des pays inégalement francophones autour de valeurs partagées.

La force de L'Année Francophone Internationale, c'est aussi la force de l'amitié qui unit plus d'une centaine de militants de la francophonie, universitaires, journalistes, sur les cinq continents. Chaque année, bénévolement, ils enrichissent la revue de leurs informations, de leurs analyses, de leurs contributions à une solide connaissance des événements de ce monde Francophone.

La revue a vingt ans (et quelques mois...). Née d'une suggestion d'Alain Decaux, l'historien Académicien, premier ministre de la Francophonie en France, portée jusqu'à sa mort en 2008 par l'Universitaire québécois Michel Têtu, L'Année Francophone s'est donné pour mission de marquer le sillon et renforcer la visibilité de ce puissant mouvement francophone qui a pris une ampleur culturelle et politique qui n'était pas inéluctable. La publication veut aussi tenir en permanence une chronique non officielle, libre et désintéressée, des bonheurs et des vicissitudes de la famille francophone, nourrir les échanges autour de valeurs partagées, sans obligation mais avec enthousiasme et conviction, dans le respect -et le goût- de la diversité.

Il y a donc dans la revue une synthèse de l'actualité politique, économique, sociale, culturelle et scientifique des douze derniers mois dans les différents pays qui composent la communauté francophone officielle, mais aussi un éclairage des activités francophones dans certains autres pays de la zone. C'est la fonction première assignée à la revue par ses fondateurs:

  • je voyage dans six mois à Sainte Lucie: comment diable puis-je savoir ce que les médias de mon pays ne m'ont sûrement pas dit des événements locaux, et profiter au mieux de ce déplacement?
  • je dois recevoir une délégation ... roumaine, ... malgache, ... vietnamienne: comment éviter des faux-pas et grâce à la collection de l'AFI, trouver le résumé de ce qui s'y est passé depuis cinq ou dix ans?

Des tableaux synthétiques comparatifs sur les principales données statistiques actualisées de chaque pays des différentes zones de la Francophonie permettent des comparaisons éclairantes et stimulantes sur leur développement.

A côté de la revue, l'AFI a publié et continue de diffuser des monographies synthétiques sur La Francophonie en Suisse, ou la Francophonie canadienne, sinon les Inuits dans la Francophonie, etc. Elle a aussi pour vocation l'organisation de colloques internationaux sur des thèmes spécifiquement francophones. Cela a été le cas à Paris-Sorbonne en 2001, à Québec en 2003, à la bibliothèque d'Alexandrie en 2007, puis à nouveau à Québec en 2011. Chaque fois, des Actes témoignant de la richesse des débats ont été publiés par l'association.

LA REVUE 2012-2013

Et comme nous sommes entre amis, que les petits cadeaux entretiennent l'amitié, voici en avant-première le sommaire de la prochaine édition qui sortira avant le prochain Sommet francophone prévu à Kinshasa du 12 au 14 octobre 2012.

Il y aura bien sûr le passage en revue Pays par pays, classés par régions: Afrique, Amérique, Asie, Caraïbe et Guyane, Europe, Maghreb, Océan Indien, Proche-Orient, Zone Pacifique. Que s'est-il passé d'essentiel dans chacun d'entre eux au cours des douze derniers mois? Les tableaux comparatifs des données de chaque pays seront enrichis par la statistique désormais connue du nombre de Francophones réels dans chaque Etat. Coordination Loïc Hervouet.

Il y aura comme depuis quatre numéros le chapitre des Lectures francophones, qui recense une sélection d'ouvrages traitant de la Francophonie sous ses aspects les plus divers et mentionne les parutions signées des collaborateurs de L'Année francophone Internationale.

Trois "dossiers" vont caractériser ce vingt-et-unième numéro:

L'Afrique avenir de la francophonie : géostratégie et géopolitique africaine, mutations dans l'Afrique des Grands lacs, etc. Dossier coordonné par Richard Marcoux

Francophonie attractive, en quatre parties

- Forum langue française de Québec 2/4juillet (compte rendu Georges Poirier)

- Revues intellectuelles en Francophonie (coordination Anicet Mobe)

- Presse francophone au Maghreb, inventaire (coordination Guy Dugas, professeur à Montpellier)

- Investissements et désinvestissements de France et de Francophonie dans la culture (coordination Patrick Chardenay, directeur bureau de l'AUF au Brésil)

Rio+20 et francophonie, coordonné par Christian Brobhag, directeur de l'Ecole des Mines.

 

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Commentaires : 1
  • #1

    Michel PENAUD (mercredi, 06 mai 2015 18:55)

    Le développement de la francophonie (qui n'est pas forcément l'expansion de la langue française) à l'étranger est une très bonne chose mais il faudrait que cela s'applique et s'impose aussi sur le territoire national où les présentateurs, chroniqueurs, commentateurs, débatteurs, journalistes et autres intervenants dans les médias font assaut de fatuité en utilisant de plus en plus, de façon aussi inappropriée que mal prononcée, des mots et expressions de l'anglo-américain qui appauvrissent notre pourtant riche vocabulaire ("booster", low cost, dance floor, interview, prime time, news et autres news letters, les nights de ceci ou de cela, crowd funding etc. etc.)(et même "teddy bear", prononcé "teddy beer", de quoi mourir de rire pour un anglophone!) en ajoutant souvent stupidement "qui signifie en français..." plutôt que de s'exprimer directement dans notre langue. Tous ces gens ne se rendent pas compte du ridicule et de la bêtise de leur comportement.
    Récemment, un service des impôts m'a même demandé des précisions sur, un ou une ?, "box" que je posséderais (sans doute appelé aussi "parking", qui signifierait en français "parc de stationnement") auquel cas j'ai répondu que je ne voyais pas de quelle boite il pouvait bien s'agir. Je ne sais encore si ce service a apprécié...
    C'est aux autorités qu'il appartient de faire respecter la loi Toubon, et en premier lieu dans les médias publics, mais c'est une bien rude tâche.
    michelpenaud@gmail.com