AIVF - une journée interessante

Compte rendu par Vu Ngoc Quynh.

Patric Deville à la réunion de l'AIVF
Patric Deville à la réunion de l'AIVF, Photo de Tran Dac Nghia ( entre-nous)

AIVF

Réunion dimanche 13 janvier 2013

24 rue de Bellevue

92260 Fontenay-aux-Roses.


Nous étions là hier après-midi une centaine de personnes , Français et Vietnamiens chez nos amis Tran Huy Hoàn et Hoa à Fontenay-aux-Roses (92260)qui organisent au nom de AIVF (Association des informaticiens vietnamiens de France) une très belle journée culturelle vietnamo-française.

Ngọc Hóa a présenté Đặng Tiến, qu’elle a connu autrefois au Viet Nam comme enseignant de la littérature.
Đặng Tiến, critique littéraire connu, ancien enseignant de la littérature vietnamienne à l'Université Paris 7, nous a parlé de l'oeuvre unique publiée du poète renommé Hàn Mạc Tử dont on fête le centenaire de sa naissance.
Ce recueil s'appelle Gái Quê ( que je traduis provisoirement par La jeune paysanne ) fut publié en 1936 à Ha Noi et chose extraordinaire on ne retrouve plus aucun exemplaire de l'édition originale. L'oeuvre qui vient d'être rééditée à Qui Nhơn( Centre du Viet Nam)est donc faite à partir d'une version dactylographiée à partir d'un autre exemplaire également dactylographiée! Đặng Tiến révèle aux auditeurs captivés par cette enquête difficile mais passionnante d'une œuvre d'un poète vietnamien contemporain dont l'oeuvre originale (Han Mac Tu fut catholique et emporté jeune par la lèpre) a marqué la poésie contemporaine vietnamienne.
Plusieurs personnes présentes ont récité quelques poèmes connus de Han Mac Tu et un participant a récité un poème traduit en français du poète qui a pour thème Da Lat.
La grande surprise est que Madame Hélène Péras est dans l'assistance. Elle vient exprès de Grigna (26230)pour parler d'un recueil de 60 poèmes de* Han Mac Tu qu'elle a traduits en français, édition épuisée depuis. Voir comment cette dame, qui a étudié le russe à l'INALCO, s'est mise à étudier le vietnamien et sous la houlette de son amie Vũ Thị Bích, à lire Hàn Mạc Tử en vietnamien, puis a choisi 60 poèmes pour traduire en français. Nguyễn Tử Hùng, vice-président de AIVF et membre très actif de l'ALAS( Association des Anciens du Lycée Albert Sarraut de Ha Noi ) nous a montré le bel exemplaire que la traductrice lui a offert en 2004. Plusieurs personnes présentes ont signé pour demander à l'éditeur de rééditer cette œuvre traduite.
Minh Trần Huy (fille aînée de Trần Huy Hoàn et de Hoa), femme de lettres connue, elle a été directrice-adjointe de Magazine Littéraire, responsable actuelle de la collection portant son nom chez Flammarion ( "Le chapeau de Mitterrand" est un grand succès de librairie) présente Patrick Deville qu'elle et ses parents connaissent si bien. Minh a connu Patrick Deville au cours d'un voyage sur le Transsibérien et présente au public l'homme et ses oeuvres. On n'oublie pas que tous les termes en vietnamien dans Peste & Choléra ont été vus et corrigés par Trần Huy Hoàn et Hoa, et c'est un plaisir de voir dans un roman français une orthographe des termes vietnamiens exacte ( le fait est rare auparavant dans les ouvrages français, plus fréquent depuis que les auteurs français font attention pour citer des termes vietnamiens).
Patrick Deville parle de son ouvrage, sa genèse et son ambition.
Ceux et celles qui ont suivi la parution de Peste & Choléra et je suis de ceux là ( la journée de signature de Peste & Choléra à l'Institut Pasteur de Paris date du 12 septembre 2012 et depuis beaucoup d'échos sur l'ouvrage ) connaissent à peu près ces points de repères.
Pourtant dans le public, les questions fusent:
-une jeune française pose à l'auteur sur le style de l'ouvrage: Patrick Deville, qui aime les longues digressions de Proust, l'étonne par les phrases courtes (et incisives)…
-un autre auditeur est intrigué par l'homme au carnet de taupe qui suit Yersin comme son ombre (p. 182). Qui est-il? Que représente-t-il?
Deville invente ce personnage comme le fantôme du futur (p.182) qui permet de projeter le héros dans un avenir qu'il pressent mais où il ne sera plus. Autrement dit, procédé purement littéraire.
-un autre auditeur(votre serviteur)pose la question si Yersin, qui vécut si longtemps au Viet Nam parlait-il le vietnamien? Je vous pose la même question car il semble que beaucoup de gens l'ignorent.
La soirée finit très gaiment dans la rencontre des amis perdus de vue réunis autour des galettes de roi et des boissons variées, du cidre à l'eau minérale.
Au fait, Nguyen Hao Tam, Robert Green, moi-même sommes là. Sans oublier Patrick Dev ille qui a dit publiquement qu'il est membre d'Adaly.
Nous avons partagé un très bon moment ensemble.
Et j'ai entendu récemment chanter dans le club de Jazz Duc des Lombards à Paris ceci : We have a small shared time.

 

Cet air m'a plu.
Et sera ma conclusion.


Vu Ngoc Quynh.

 

*
Hàn Mặc Tử, Le Hameau des Roseaux, Traduit du vietnamien par Hélène Péras et Vu Thi Bich, Editions ARFUYEN, 2001.

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